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28/10/2013

Manuel Valls va-t-il fédérer la politique française ?

manuel_valls_reference.jpegIl y a une figure dans la politique française qui remporte des avis favorables de tous bords. Il s'agit de Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, qui est aimé des français de droite et de gauche. Il est bien le seul du gouvernement et hors du gouvernement à avoir cette popularité mais, pour l'instant, il n'en joue pas vraiment. Va-t-il nous réserver une surprise dans les années à venir ?

Après un peu plus d'un an, le Président de la République continue de se faire des ennemis, dans son camp comme chez ses adversaires. Les sondages le donnent au plus bas depuis plusieurs mois, sa popularité est en berne et sa crédibilité sur le plan national et international ne sont guère mieux. Le Parti Socialiste, au pouvoir depuis mai 2012, est quasi intégralement dans cette situation. Mais la figure de Manuel Valls fait exception.

Des avis positifs à droite comme à gauche

Que le ministre de l'Intérieur soit soutenu par les Français votant à gauche n'est pas une surprise, même si, de manière générale, même la population ayant voté pour François Hollande l'année dernière n'est pas extrêmement contente de la politique du gouvernement. Le chômage n'a pas vraiment baissé, la crise économique est toujours là, la croissance n'est pas au rendez-vous... la situation de la France n'a pas beaucoup évolué depuis mai 2012 si ce n'est pour les droits des homosexuels.

Manuel Valls fait toutefois figure d'exception au sein du gouvernement. Sa politique ferme remporte les faveurs de la gauche comme de la droite, comme le montre un récent sondage BVA pour le Parisien-Aujourd'hui. Il recueille des « bonnes opinions » à gauche (73% des interviewés) mais aussi à droite (69% des interrogés). De quoi le rassurer sur sa position de force qu'il détient actuellement en France.

Et même si sa popularité est en légère baisse, sans doute à cause de ses propos très durs contre la population des Roms pour lesquels il est entré en conflit avec Cécile Duflot, ministre du logement, il n'en reste pas moins vu du bon œil par les citoyens français : 71% ont une bonne opinion de lui.

Des éloges mais aussi des critiques

Manuel Valls a su imposer un style complètement opposé à celui du Président de la République. 76% des interrogés lui accordent des « convictions profondes » et du « courage », ils sont 73% à le dire « compétent » dans son travail et 74% le considèrent « autoritaire » ce qui pourrait en partie expliquer les faveurs qu'il obtient à droite.

Naturellement, avoir imposé un style aussi dur a aussi ses mauvais côtés pour l'opinion publique. Un peu moins de la moitié des interrogés lors de ce sondage considèrent qu'il a un certain côté « arriviste » et 54% des interviewés estiment qu'il joue « trop perso » ce qui déplaît aux Français mais aussi au gouvernement.

Un futur candidat aux élections 2017 ?

Le Parti Socialiste, au pouvoir, a bien d'autres chats à fouetter que de penser déjà aux prochaines élections présidentielles qui se tiendront en 2017. Ce n'est pas le cas, par exemple, de l'UMP avec les récents propos de François Fillon qui s'est dit d'ors-et-déjà « en compétition » avec Nicolas Sarkozy, dont le retour en politique est fortement pressenti. La droite, faute de pouvoir gouverner, a quasiment déjà entamé sa campagne.

Le Parti Socialiste doit donc faire attention et ne pas se laisser doubler, surtout que dans l'état actuel de l'opinion publique il ne fait quasiment aucun doute qu'une élection présidentielle, si elle était prévue pour demain, donnerait lieu à un deuxième tour semblable à celui de 2002 qui avait vu s'affronter Chirac et Jean-Marie Le Pen.

Afin que le Parti Socialiste n'essuie une cuisante défaite dans 3 ans et demi, à moins que la situation économique de la France ne soit frappée par un miracle similaire à celui des Trente Glorieuses, il paraît difficile de faire se représenter François Hollande qui n'a pas convaincu les électeurs de gauche et encore moins les électeurs de droite.

Manuel Valls apparaît, aujourd'hui, comme l'homme de la situation en mesure de fédérer quelque peu la droite et la gauche. Il est capable de récupérer les voix des centristes indécis qu'ils tendent à gauche ou à droite. Et il pourrait aussi récupérer quelques voix de la droite en cas de désaccord interne au niveau du candidat officiel de l'UMP à la présidentielle. Et ces derniers temps l'UMP n'a pas donné vraiment l'image d'un parti uni et soudé.

Mais pour ce faire le Parti Socialiste doit agir dès maintenant et mettre un peu plus en avant son homme fort.

08/10/2013

Les radars rapportent de l’argent, les automobilistes en perdent

2924744-630-millions-d-euros-grace-aux-radars-en-2011-ou-va-l-argent.jpgLes vrais chiffres concernant les bénéfices engrangés par les radars, mais aussi les coûts de ceux-ci, viennent d’être publiés et autant dire que les sommes annoncées surprennent. Si l’on se doute depuis longtemps que les radars doivent rapporter beaucoup au gouvernement, des sommes aussi élevées sont toujours difficiles à appréhender pour tout un chacun. Les radars coûtent de l’argent, mais ils rapportent encore plus, et pas seulement à l’Etat. Les fabricants de GPS et d’assistants de conduite profitent aussi de la vache à lait du Gouvernement, bien que le secteur soit en pleine mutation.

Les radars, poule aux œufs d’or du Gouvernement

800 millions d’euros, c’est la somme que devraient rapporter les radars au Gouvernement de Jean-Marc Ayrault à la fin de l’année 2013, selon Le Parisien. Ils fêtent cette année leur 10 ans et rapporteront déjà 6,4% de plus cette année qu’en 2012 et probablement 70 millions d’euros supplémentaires l’année prochaine. S’il est possible de voir cela comme un bienfait pour le Gouvernement, dont la dette grandit chaque jour, il est plus intéressant de considérer les pertes pour les automobilistes représentées par ces chiffres.  

Ces derniers perdent de plus en plus d’argent sur les routes du pays, d’autant qu’ils participent également, par les impôts, au paiement des installations et réparations de leurs bourreaux. Les radars ont un coût, et pas des moindres. Il atteint 220 millions d’euros en 2013. Une somme en hausse chaque année et dont l’augmentation comprend pour 2013 la remise en état des radars (24,3 millions d’euros), la maintenance et la location de véhicules banalisés (1,7 million d’euros), la suppression des panneaux d’alerte radar et leur remplacement par des radars « pédagogiques » (3,23 millions d’euros) et enfin, le déploiement de nouveaux radars « vitesse moyenne » sur 45 sites en 2014 (360 000 euros).

Les GPS tirent leur épingle du jeu, mais ralentissent

Face à tant d’efficacité de la part des radars, les automobilistes n’ont d’autres choix que de s’équiper pour tenter de sauver le peu qu’il leur reste et la solution la plus souvent choisie est le GPS avec avertisseur de radars, un service désormais présent chez presque toutes les marques.

Cependant, si en 2006, 4,3 millions d’unités étaient vendues en Europe, aujourd’hui, le marché des assistants de conduite ralentit et enregistre un recul des ventes en France de quasiment 20% selon le cabinet GSK. Garmin, ancien grand nom du secteur, a vu son chiffre d’affaires reculer de 16% tandis que son principal concurrent TomTom, prévoit une diminution de 50% de ses bénéfices en 2013.

Les services connectés sont devenus en quelques années un relai de croissance important pour le secteur. Certaines marques l’ont bien compris à l’instar de Munic, nouvel arrivant, qui propose les services de la communauté d’automobilistes connectés la plus grande d’Europe, Camsam. TomTom de son côté tente de rebondir et de concurrencer les Smartphones et leurs applications en se lançant dans la montre sportive GPS, « une niche en forte croissance » selon Marc Zwartsenburg, analyste chez ING.

Les automobilistes se retrouvent aujourd’hui entourés de toutes sortes d’appareils pour parer des dangers que représentent les radars pour leurs portemonnaies. Reste que les effets sur les bénéfices engrangés par ces derniers sont moindres. Les entreprises privées, tout comme le Gouvernement, gagnent de l’argent, et le consommateur se retrouve une nouvelle fois sur le bas côté.