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13/11/2013

Politique fiscale : Hollande à deux doigts de la révolte

François Hollande, politique fiscale, impôts, contestationsUn vent de révolte souffle sur la France. Le principal responsable, le président de la République, qui, c’est confirmé une nouvelle fois, n’a pas la stature que sa fonction implique, recule encore. Mais attention, au vu de tous, la débandade est proche. Il y a plusieurs facteurs à cela. Et cumulés, ils deviennent explosifs.

En premier lieu, François Hollande affiche des sommets d'impopularité. Dans les sondages, il a perdu 6 points pour atteindre le chiffre de 26% de popularité. De fait, cela réduit considérablement son pouvoir déjà mis à mal. Pour aller plus loin, ce point n’a jamais été atteint par aucun président de la cinquième république, en 32 ans de pouvoir. Aucun n’est jamais passé sous le seuil fatidique des 30% d’avis favorables.

Par ailleurs, en s’embrasant, la Bretagne symbolise le niveau de saturation atteint par les catégories les plus touchées par la situation économique. Au-delà, plus généralement, la gronde porte sur un sujet explosif : celui de la fiscalité qui cristallise toutes les grognes. Une fois de plus, le gouvernement a manqué de fermeté sur sa position initiale concernant les impôts et l'épargne. Sur ces deux points, le repli est allé très vite.

En effet, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont réalisé la gravité des conséquences s’ils se mettaient à imposer à hauteur de 15,5 % et rétroactivement, des placements aussi populaires que les plans épargne logement, l'épargne salariale ou l'assurance-vie. Faire cela, c’est se mettre à dos la classe moyenne d’une part. D’autre part, c’est nier la notion de ces contrats qui est par ailleurs valorisée, et qui permet de voir sur la durée.

Mais ce n’est pas tout. L’exécutif avait à éteindre d’autres incendies : celui engendré par l'écotaxe sur les poids lourds bien sûr, qui a enflammé la Bretagne, et celui causé par la taxation à 75 % des revenus les plus hauts et par ricochet, la taxation des clubs de football. Concernant les clubs de foot, le président et le premier ministre assurent qu’ils ne feront pas marche arrière.

L'écotaxe, symbole de la révolte des agriculteurs et des camionneurs, et point de crispation avec les écologistes et l’opposition, a finalement été abandonnée par le gouvernement. Si en plus, la taxe à 75 %  fédère contre lui, les contribuables à hauts revenus, alors ce serait la preuve que le président s’est totalement fait piéger par la question des impôts.

L’exécutif aurait du le faire bien avant, mais il semblerait qu’il vienne tout juste de comprendre ce que nous savons déjà tous : la fiscalité est trop lourde. Mais l’État n’a pas de marge de manœuvre car les caisses sont vides. S’il taxe davantage, il devra rogner sur le budget public et par là même, il entamera l’État qu’on appelle providence.

Traditionnellement en France, la gauche adopte la position du tax and spend, soit imposer et dépenser. Résultat, quand elle est incapable de taxer plus comme aujourd’hui, elle est désorientée. De plus, le gouvernement a en ligne de mire les prochaines échéances électorales. Il craint plus que tout d’avoir à diminuer les dépenses sociales et d’être sanctionné par les urnes.

Par ailleurs, après ces nouvelles contestations, il a une fois de plus montré qu’il revenaitsur sa position. C’est compliqué pour l’autorité. Cela amoindri le pouvoir et le Président, tout en accentuant cette impression que la majorité est en train de se désagréger. Aujourd’hui, le Président n’a pas vraiment les coudées franches, et ce n’est pas un remaniement, même plus rapide que prévu, qui pourra changer les choses.

Un remaniement n’est d’ailleurs valable que s’il sert à redéfinir une stratégie politique. Et la politique du gouvernement, François Hollande l’a rendu publique. En revanche, ce qui achoppe est son incapacité à la mettre en œuvre.

10/10/2013

Les ministres français ne sont plus libres de s'exprimer dans les médias

Jean-Marc-Ayrault.jpgLa décision de Jean-Marc Ayrault de vérifier et de contrôler tous les passages des ministres dans les médias montre le problème de communication, et un peu de cohérence, du gouvernement. A force de se lancer des piques par émissions interposées, les ministres ont fini par s'attirer l'ire de François Hollande qui a demandé au Premier ministre de fermer les portes des ondes à ceux qu'il a lui même nommés.

La controverse sur les Roms : la goutte d'eau de trop

La décision n'a pas été prise à la légère mais répond directement à un problème d'image du gouvernement. A plusieurs reprises des ministres de François Hollande ont exprimé des opinions opposées durant des passages à l'antenne, que ce soit à la radio ou à la télévision. Or, cela nuit à l'image même de la politique française, au niveau national avant tout, mais aussi au niveau international.

Dernière controverse en date, celle qui a entraîné la décision drastique de tout contrôler, le débat entre Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, et Cécile Duflot, ministre du Logement. Ils ne s'entendent pas sur la question des Roms, ce qui est leur droit le plus fondamental, mais ils ont exprimé leurs positions opposées de manière trop publique.

Ces positions opposées et assumées jettent le flou sur la politique du gouvernement, les Français ayant parfois du mal à faire la différence entre des propos tenus en lieu et place de la fonction de Ministre et des propos personnels. Il était temps pour le gouvernement de reprendre les choses en main et c'est chose faite.

Matignon au centre de toutes les interventions médiatiques

La mesure est particulièrement drastique : toute intervention médiatique d'un membre du gouvernement devra passer par une demande expresse à Matignon qui vérifiera à la fois la date et l'heure de cette prise de parole mais aussi la teneur, le fond et la pertinence de celle-ci dans le cadre de la mission ministérielle.

En somme, les ministres français devront, désormais, lever la main et demander la permission de parler à Jean-Marc Ayrault. Et s'il ne les autorise pas, tant pis. La liberté de parole semble mise de côté au profit d'une stratégie de communication contrôlée, ce qui ne risque pas d'aider la situation. D'autant plus que le processus paraît inapplicable.

Le nombre d'interventions dans les supports médiatiques du gouvernement sont bien trop élevées pour qu'un contrôle total puisse être mis en place de manière efficace et dans de brefs délais. Sans compter que si certains ministres défendent ou acceptent la décision de Matignon, il est possible que d'autres ne soient guère amusés du contrôle que Jean-Marc Ayrault et François Hollande veulent avoir sur leurs prises de parole.

Un problème de cohérence au centre de cette décision

Ce qu'il ressort essentiellement de la décision de contrôle est surtout que le gouvernement ne sait plus comment donner une image de lui qui soit cohérente. Les ministres, pour reprendre les termes de Jean-Marc Ayrault lui-même, « s'expriment dans tous les sens » sans se soucier si leurs propos vont dans le sens de la politique entamée et décidée par le gouvernement ou si, au contraire, ils la contredisent.

D'ailleurs, Jean-Marc Ayrault lui-même n'est pas innocent dans cette histoire de cohérence des propos. Sur la pause fiscale, le Premier ministre avait semblé contredire le Président de la République François Hollande ; et ce n'est pas la première fois qu'il faisait une gaffe de communication.

Il semblerait que le Président et le Preminer ministre oublient deux choses fondamentales sur leurs ministres : ce sont des ^tres humains. Il est donc normal, même si peu apprécié et peu utile, qu'ils aient des opinions divergentes sur des sujets aussi sensibles que les Roms. Et il est aussi normal que parfois leurs propos soient erronés et contradictoires. Pour palier ce problème, la solution n'est pas la mise en place d'un contrôle mais la créaton d'une équipe gouvernementale qui soit en accord avec elle-même et d'accord avec la politique qu'elle doit mener.