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26/09/2013

L’Etat a-t-il les moyens de redresser productivement la France ?

industrie-française.jpg« La croissance repart ». Après celle de François Hollande, voilà une déclaration encourageante faite par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Le moment est peut-être donc venu de faire le point sur ces projets gouvernementaux conçus pour faire redémarrer l’industrie française.

Au total, 34 plans ont ainsi été rendus public par le président de la République. Parmi eux, on peut citer le ballon dirigeable d’Eurocopter, entreprise affiliée à EADS. Il est dit que le développement et l’utilisation de ce genre de ballon va monter en puissance, notamment pour l’acheminement des biens. Ce ballon a de quoi plaire : il est écologique, économique et totalement fiable. Dans les innovations à venir, on peut également citer Renault, avec son projet de voiture automatique, qui pourrait faire date dans ce domaine. Surtout, il ne faut pas perdre de vue que cette voiture sans conducteur représente un marché potentiel de centaines de millions de consommateurs.

Si on cite ces deux exemples au succès presque acquis, c’est aussi pour dénoncer un autre fait : au sein des départements recherche et développement des entreprises, il y a des projets qui ne verront peut-être jamais le jour, malgré des mois de travail et de très grosses dépenses. Plus largement, le Gouvernement aurait dû faire un choix : il aurait dû resserrer ses priorités. Car, avoir 34 plans sur le feu revient à ne pas en voir du tout. À moins que la moitié soit vite mise de côté afin de se concentrer sur les plus porteurs. Une fois encore, le Gouvernement n’a pas joué son rôle. En revanche, il le fait quand il soutien, assiste et surtout quand il encourage les sociétés à se placer sur les marchés de demain, ce qui dans ces 34 plans est loin d’être le cas. Les avancées technologiques doivent être portées par l’État. En revanche, elles ne peuvent pas faire l’objet d’un décret. Ce sont aux ingénieurs et aux professionnels de l’industrie de définir les angles.

Surtout, il y a un point fondamental qui ne peut pas être mis de côté. Car si on occulte le client, que deviendront ces avancées ? Il y a une quarantaine d’années, les gouvernements successifs ont mené des campagnes industrielles qui ont placé le pays comme leader dans les domaines du nucléaire, de l’aéronautique ou celui du train à grande vitesse. La différence avec aujourd’hui, c’est que ces sociétés, privées ou non, que l’État poussait à la compétitivité, étaient certaines d’obtenir des contrats avec ce dernier. Notons que les commandes portaient sur des périodes et des termes beaucoup plus avantageux et sûrs qu’aujourd’hui. On espère toutefois que Bruxelles va lâcher un peu de lest concernant la règlementation des marchés publics. Pour autant, le gouvernement français ne peut pas aujourd’hui lancer ces industries innovantes en étant en même temps leur premier client. C’est un problème de moyens, et c’est accablant.

Il y a une dizaine d’années, se créaient les pôles de compétitivité, moteurs de croissance et d’emplois. Aujourd’hui, on en dénombre 71 en France. Mais peut-on dire que ces 71 « courroies de transmission des stratégies de filières », selon l’expression consacrée, soient des réussites totales ? Non. Dans ce cas, pour quelles raisons ne pas avoir tiré les conséquences de ces expériences, afin de réduire ces projets, de les modifier pour lancer non pas trente-quatre, mais cinq plans ?

Pour exister et prendre de l’ampleur, les industries du futur nécessitent un contexte économique favorable, beaucoup plus qu’une vision de l’État. Ce dernier doit avant tout penser de façon concrète au déploiement de filières et de compétences qui sont les chances de l’industrie, et par conséquent, celles de l’emploi.

 

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