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19/09/2013

Est-il encore possible de croire le Gouvernement ?

fiscalité-gouvernement-hésitations.jpgA tort ou à raison, le Gouvernement est critiqué de toutes parts depuis son arrivée au pouvoir en mai 2012. Attendu comme le messie après le mandat chaotique de Nicolas Sarkozy, le parti socialiste déçoit. S’il doit faire avec une conjoncture internationale morose et l’héritage d’une décennie UMP, force est de constater qu’il donne aussi le bâton pour se faire battre.

 

Les hésitations de François Hollande pourraient lui coûter cher. Le cas du mariage homosexuel a bien failli tourner au fiasco retentissant. En faire un élément clé de sa campagne puis laisser aux maires leur liberté de conscience et la possibilité ne pas célébrer ce type de mariage a créé un flou artistique et la place à une impressionnante force de contestation. La « Manif pour tous » a même engendré un climat délétère en France et renforcé la droite alors qu’elle traverse certainement sa pire crise depuis la création de l’UMP.

A cela s’ajoute naturellement la désastreuse affaire Cahuzac. Ministre du Budget doté de solides comptes bancaires non déclarés à l’étranger, il a engagé la crédibilité et l’honneur du Gouvernement. Confondu par Mediapart, Jérôme Cahuzac a fini par reconnaître les faits et quitter son poste, laissant derrière lui un scandale à même de ternir à lui tout seul le quinquennat de François Hollande. Et de fournir des munitions additionnelles aux partis de l’opposition, au premier rang desquels le Front National, qui se présente un peu plus chaque jour comme le chantre de la défense de l’intérêt des Français.

Et maintenant, alors que le ras-le-bol des Français est palpable, le Gouvernement en rajoute avec une communication balbutiante sur le sujet sensible de la fiscalité. Dans ce domaine, le fait est que Jean-Marc Ayrault peine à trouver un ton juste et cohérent. Que les ministres défendent leurs paroisses, passe encore, mais que le Premier ministre contredise le chef de l’Etat apparaît comme un réel couac. En effet, Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et François Hollande ont tous deux annoncé une pause de la hausse des prélèvements pour 2014. Deux jours plus tard, Jean-Marc Ayrault précise que cette temporisation ne sera véritablement effective qu’en 2015. L’année prochaine, les impôts continueront d’augmenter, mais à un rythme plus modéré.

Une cacophonie extrêmement dommageable pour le Gouvernement. De quoi donner l’impression aux Français d’être pris pour les « dindons de la farce ». Et surtout de quoi nourrir le ressentiment des Verts et les arguments de l’opposition. En effet, si des efforts supplémentaires seront demandés aux contribuables l’année prochaine, pour financer le système de solidarité à la française, la fiscalité verte, elle, a été repoussée aux calendes grecques. Le prix du diesel n’augmentera pas, et la loi sur la transition énergétique est reportée. Cela pourrait être la goutte d’essence qui fait déborder le réservoir pour les écologistes, susceptibles de quitter le Gouvernement très prochainement. Quant à Marine Le Pen, elle peut se gausser de cet énième revirement et conforter sa position en vue des municipales et des européennes du premier semestre 2014.

Dans sa communication comme dans les faits, le Gouvernement a encore beaucoup à apprendre dans l’exercice du pouvoir. La confiance et la patience des Français sont érodées et le risque électoral à court et moyen terme est réel. 

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