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29/11/2013

Quand les réformes fiscales sèment la terreur en France

3482717_6_afa2_francois-hollande-et-le-ministre-delegue-au_93afb772211996aa5ef09da528af3908.jpgAu sommet de son impopularité depuis quelques jours, François Hollande promet une grande réforme fiscale pour bientôt. Une annonce qui n’a pas l’air de satisfaire grand monde, bien au contraire. Selon un sondage Ifop, plus de la moitié des Français ont perdu l’espoir de voir leurs impôts diminuer. Les entrepreneurs, artisans et commerçants, quant à eux, en ont fini de simplement se méfier et prennent le taureau par les cornes.  

Une hausse de la fiscalité envisagée par les Français

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé la semaine dernière, à la grande surprise de la presse, le lancement de la grande réforme fiscale évoquée par François Hollande lorsqu’il était candidat. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son discours n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme de la part de l’assistance.

Pour Le Figaro, l’institut de sondage Ifop a demandé à un peu plus de 1000 Français leur ressenti face aux deux mesures phares de cette réforme : le prélèvement à la source et la fusion de l’impôt sur le revenu (IR) et de la contribution sociale généralisée (CSG). Si les résultats semblent à première vue positifs pour le Gouvernement, il suffit de pousser un peu la lecture pour trouver la faille.

Certes, 55 % des Français approuvent le prélèvement à la source selon cette étude, mais il est important de rappeler qu’en 2002, ils étaient plus de 64 % à le réclamer. Une baisse d’autant plus inquiétante que ce type de réforme, très peu polémique habituellement, ne devrait pas être l’objet de méfiance. Une inquiétude des Français qui s’explique aisément : aux vues des récentes mesures du Gouvernement, le terme « réforme fiscale » pour les Français signifie désormais « augmentation des impôts » et chaque annonce de l’Exécutif est désormais synonyme d’angoisse.

Ainsi, 50% des personnes interrogées par Ifop pensent que cette réforme fiscale se traduira une nouvelle fois par une augmentation de leurs impôts. Seulement 12% des Français espèrent encore une diminution. Une anticipation de la population qu’il serait difficile de critiquer étant donné les résultats des réformes opérées jusque-là par le Gouvernement.

Les « sacrifiés » rassemblent

Le ras-le-bol fiscal n’est en effet pas nouveau. Les entreprises du pays en sont la preuve. Harassées de taxes depuis l’investiture de François Hollande, elles sont de plus en plus nombreuses à faire faillite. La croissance du pays repose pourtant sur sa compétitivité et donc sur ses entreprises. Un constat économique qui ne semble pas atteindre le Gouvernement et sa tour d’ivoire. « Est-ce parce que certains de vos contradicteurs ne sont pas de votre famille politique que vous ne leur prêtez aucune attention ? » a assené Olivier Dassault dans sa dernière tribune sur Les Échos, malheureusement avec raison.

Tout le monde se souvient du mouvement des Pigeons en 2012 qui dénonçait la multiplication abusive des taxes instaurées par le Gouvernement. Celui-ci, effrayé par cette mobilisation d’un nouveau genre, avait alors fait marche arrière. Un renversement qui n’aura pas lieu aujourd’hui, malgré la dangerosité économique de certaines mesures. François Hollande, trop souvent accusé d’être indolent, semble aujourd’hui tenter de montrer une autre facette de sa personnalité : l’entêtement.

En seulement un an, 54 000 microentreprises ont fait faillite du fait de l’augmentation du nombre de prélèvements sociaux et fiscaux. Les prélèvements supplémentaires en 2013 s’élèvent à 1,1 milliard d’euros. Une hausse qui ressemblerait presque à une mise à mort organisée. Les micro-entrepreneurs tentent aujourd’hui le tout pour le tout avec le lancement d’une pétition, « sauvons la proximité ». Artisans-boulangers, charcutier, épiciers… Ils s’appellent « Les Sacrifiés » et ont déjà réuni les signatures de presque 250 000  personnes.

Cela sera-t-il suffisant pour faire fléchir le Gouvernement ? Rien n’est moins sûr. Espérons qu’ils réussiront à fédérer cette majorité de la population que François Hollande a perdue depuis son arrivée au pouvoir.

13/11/2013

Politique fiscale : Hollande à deux doigts de la révolte

François Hollande, politique fiscale, impôts, contestationsUn vent de révolte souffle sur la France. Le principal responsable, le président de la République, qui, c’est confirmé une nouvelle fois, n’a pas la stature que sa fonction implique, recule encore. Mais attention, au vu de tous, la débandade est proche. Il y a plusieurs facteurs à cela. Et cumulés, ils deviennent explosifs.

En premier lieu, François Hollande affiche des sommets d'impopularité. Dans les sondages, il a perdu 6 points pour atteindre le chiffre de 26% de popularité. De fait, cela réduit considérablement son pouvoir déjà mis à mal. Pour aller plus loin, ce point n’a jamais été atteint par aucun président de la cinquième république, en 32 ans de pouvoir. Aucun n’est jamais passé sous le seuil fatidique des 30% d’avis favorables.

Par ailleurs, en s’embrasant, la Bretagne symbolise le niveau de saturation atteint par les catégories les plus touchées par la situation économique. Au-delà, plus généralement, la gronde porte sur un sujet explosif : celui de la fiscalité qui cristallise toutes les grognes. Une fois de plus, le gouvernement a manqué de fermeté sur sa position initiale concernant les impôts et l'épargne. Sur ces deux points, le repli est allé très vite.

En effet, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont réalisé la gravité des conséquences s’ils se mettaient à imposer à hauteur de 15,5 % et rétroactivement, des placements aussi populaires que les plans épargne logement, l'épargne salariale ou l'assurance-vie. Faire cela, c’est se mettre à dos la classe moyenne d’une part. D’autre part, c’est nier la notion de ces contrats qui est par ailleurs valorisée, et qui permet de voir sur la durée.

Mais ce n’est pas tout. L’exécutif avait à éteindre d’autres incendies : celui engendré par l'écotaxe sur les poids lourds bien sûr, qui a enflammé la Bretagne, et celui causé par la taxation à 75 % des revenus les plus hauts et par ricochet, la taxation des clubs de football. Concernant les clubs de foot, le président et le premier ministre assurent qu’ils ne feront pas marche arrière.

L'écotaxe, symbole de la révolte des agriculteurs et des camionneurs, et point de crispation avec les écologistes et l’opposition, a finalement été abandonnée par le gouvernement. Si en plus, la taxe à 75 %  fédère contre lui, les contribuables à hauts revenus, alors ce serait la preuve que le président s’est totalement fait piéger par la question des impôts.

L’exécutif aurait du le faire bien avant, mais il semblerait qu’il vienne tout juste de comprendre ce que nous savons déjà tous : la fiscalité est trop lourde. Mais l’État n’a pas de marge de manœuvre car les caisses sont vides. S’il taxe davantage, il devra rogner sur le budget public et par là même, il entamera l’État qu’on appelle providence.

Traditionnellement en France, la gauche adopte la position du tax and spend, soit imposer et dépenser. Résultat, quand elle est incapable de taxer plus comme aujourd’hui, elle est désorientée. De plus, le gouvernement a en ligne de mire les prochaines échéances électorales. Il craint plus que tout d’avoir à diminuer les dépenses sociales et d’être sanctionné par les urnes.

Par ailleurs, après ces nouvelles contestations, il a une fois de plus montré qu’il revenaitsur sa position. C’est compliqué pour l’autorité. Cela amoindri le pouvoir et le Président, tout en accentuant cette impression que la majorité est en train de se désagréger. Aujourd’hui, le Président n’a pas vraiment les coudées franches, et ce n’est pas un remaniement, même plus rapide que prévu, qui pourra changer les choses.

Un remaniement n’est d’ailleurs valable que s’il sert à redéfinir une stratégie politique. Et la politique du gouvernement, François Hollande l’a rendu publique. En revanche, ce qui achoppe est son incapacité à la mettre en œuvre.

28/10/2013

Manuel Valls va-t-il fédérer la politique française ?

manuel_valls_reference.jpegIl y a une figure dans la politique française qui remporte des avis favorables de tous bords. Il s'agit de Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, qui est aimé des français de droite et de gauche. Il est bien le seul du gouvernement et hors du gouvernement à avoir cette popularité mais, pour l'instant, il n'en joue pas vraiment. Va-t-il nous réserver une surprise dans les années à venir ?

Après un peu plus d'un an, le Président de la République continue de se faire des ennemis, dans son camp comme chez ses adversaires. Les sondages le donnent au plus bas depuis plusieurs mois, sa popularité est en berne et sa crédibilité sur le plan national et international ne sont guère mieux. Le Parti Socialiste, au pouvoir depuis mai 2012, est quasi intégralement dans cette situation. Mais la figure de Manuel Valls fait exception.

Des avis positifs à droite comme à gauche

Que le ministre de l'Intérieur soit soutenu par les Français votant à gauche n'est pas une surprise, même si, de manière générale, même la population ayant voté pour François Hollande l'année dernière n'est pas extrêmement contente de la politique du gouvernement. Le chômage n'a pas vraiment baissé, la crise économique est toujours là, la croissance n'est pas au rendez-vous... la situation de la France n'a pas beaucoup évolué depuis mai 2012 si ce n'est pour les droits des homosexuels.

Manuel Valls fait toutefois figure d'exception au sein du gouvernement. Sa politique ferme remporte les faveurs de la gauche comme de la droite, comme le montre un récent sondage BVA pour le Parisien-Aujourd'hui. Il recueille des « bonnes opinions » à gauche (73% des interviewés) mais aussi à droite (69% des interrogés). De quoi le rassurer sur sa position de force qu'il détient actuellement en France.

Et même si sa popularité est en légère baisse, sans doute à cause de ses propos très durs contre la population des Roms pour lesquels il est entré en conflit avec Cécile Duflot, ministre du logement, il n'en reste pas moins vu du bon œil par les citoyens français : 71% ont une bonne opinion de lui.

Des éloges mais aussi des critiques

Manuel Valls a su imposer un style complètement opposé à celui du Président de la République. 76% des interrogés lui accordent des « convictions profondes » et du « courage », ils sont 73% à le dire « compétent » dans son travail et 74% le considèrent « autoritaire » ce qui pourrait en partie expliquer les faveurs qu'il obtient à droite.

Naturellement, avoir imposé un style aussi dur a aussi ses mauvais côtés pour l'opinion publique. Un peu moins de la moitié des interrogés lors de ce sondage considèrent qu'il a un certain côté « arriviste » et 54% des interviewés estiment qu'il joue « trop perso » ce qui déplaît aux Français mais aussi au gouvernement.

Un futur candidat aux élections 2017 ?

Le Parti Socialiste, au pouvoir, a bien d'autres chats à fouetter que de penser déjà aux prochaines élections présidentielles qui se tiendront en 2017. Ce n'est pas le cas, par exemple, de l'UMP avec les récents propos de François Fillon qui s'est dit d'ors-et-déjà « en compétition » avec Nicolas Sarkozy, dont le retour en politique est fortement pressenti. La droite, faute de pouvoir gouverner, a quasiment déjà entamé sa campagne.

Le Parti Socialiste doit donc faire attention et ne pas se laisser doubler, surtout que dans l'état actuel de l'opinion publique il ne fait quasiment aucun doute qu'une élection présidentielle, si elle était prévue pour demain, donnerait lieu à un deuxième tour semblable à celui de 2002 qui avait vu s'affronter Chirac et Jean-Marie Le Pen.

Afin que le Parti Socialiste n'essuie une cuisante défaite dans 3 ans et demi, à moins que la situation économique de la France ne soit frappée par un miracle similaire à celui des Trente Glorieuses, il paraît difficile de faire se représenter François Hollande qui n'a pas convaincu les électeurs de gauche et encore moins les électeurs de droite.

Manuel Valls apparaît, aujourd'hui, comme l'homme de la situation en mesure de fédérer quelque peu la droite et la gauche. Il est capable de récupérer les voix des centristes indécis qu'ils tendent à gauche ou à droite. Et il pourrait aussi récupérer quelques voix de la droite en cas de désaccord interne au niveau du candidat officiel de l'UMP à la présidentielle. Et ces derniers temps l'UMP n'a pas donné vraiment l'image d'un parti uni et soudé.

Mais pour ce faire le Parti Socialiste doit agir dès maintenant et mettre un peu plus en avant son homme fort.